plaque harki posé à St André les Alpes

Saint André les Alpes : un hommage vibrant aux Harkis de St André
Un hommage largement mérité
Ce matin du 16 novembre se déroulait un évènement particulièrement intense à Saint André les Alpes où la Municipalité célébrait "ses" harkis. En effet le 12 octobre 1962, Saint André accueillait 25 familles de harkis employés par l'ONF (sous la houlette de MM. Duchatel et De Noise) soit en tout 150 personnes dont 60 enfants. Leur parcours saint andréen a tout d'abord été raconté par le Maire, Serge Prato, qui retraçait l'historique de cette importante tranche de vie de Saint André les Alpes. Il rappelait que les familles avaient été logées sous des tentes puis au château de Méouilles avant que soient construits treize baraquements à l'emplacement de l'actuelle base de loisirs sur des terrains EDF. "Les Harkis ont été particulièrement efficaces lorsque pendant quatre années ils ont créé 150 km de sentiers, 3 gîtes forestiers et bassins, l'aménagement d'aires techniques au bord des routes et une pépinière". Il signalait également qu'Ils avaient été d'un grand secours lors de l'incendie du mont Chalvet. "Connaissant bien la forêt, ils ont fait un travail remarquable sur le front du feu. Ce sont des hommes habitués à la marche en montagne ainsi que d'excellents bûcherons". Puis, en présence de Christophe Duverne, sous-préfet de Castellane, Yamina Chalabi, Présidente de l'ARACAN ( Association des Rapatriés anciens combattants d'Afrique du Nord), Nadine Carmaran, Directrice chef du service départemental des anciens combattants et victimes de guerre, et Alberte Vallée, représentante du député Gilbert Sauvan, les personnalités se sont adressées aux représentants de la communauté Harkie et des associations patriotiques. Cette manifestation était magistralement orchestrée par Nadine Carmaran qui donnait aux intervenants et aux participants la marche à suivre de la manifestation. Elle signalait que Saint André est le dernier village de commémoration des quatre hameaux de forestage de notre département, après Ongles, Sisteron et Jausiers.
Une histoire bouleversante
Yamani Chalabi, elle même fille de harki, dénonçait l'horreur du sort réservé aux Harkis abandonnés aux représailles en Algérie et , après un départ précipité, la tristesse de la relégation dans des camps de ce côté-ci de la méditerranée où ils se terrent et renoncent à la liberté, "maintenus dans l'idée que le FLN est toujours à leurs trousses". Pour Yamina, les familles "échappant à une mort probable se heurtent à une agonie certaine" . Rejetés par certains et endurant "la cruauté des hommes, la déchéance et le déclassement (...) Nos parents ont repoussé l'hiver et la nuit pour nous ancrer dans ce territoire et c'est leur force intérieure, leur murmure, leur tendresse, leur regard qui nous ont permis d'attraper la vie, de regarder devant." Ce discours bouleversant et cet hommage aux parents harkis, ont touché une assistance atterrée par ce témoignage pas toujours connu.
Le sous-préfet, quant à lui, concluait son discours par ces mots : "Après le temps des passions et aussi de l'ignorance, je pense que nous sommes prêts, cinquante ans après la fin de la guerre d'Algérie, à nous pencher sereinement sur notre mémoire collective mais aussi sur notre avenir commun. Privilégions ce qui nous unit, nos valeurs, et notre destinée commune".
Une expo représentant le périple Harki était installée dans la salle du Conseil où la Municipalité offrait le verre de l'amitié"

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